Évolution de l'échelle de points dans classement du CQU4 depuis 2007
16 février 2026 | Catégories: ultimate, fqu | View CommentsLe plus vieux tournoi d'ultimate 4x4 au Québec a été organisé à ... Edmundston au Nouveau-Brunswick! C'était le tournoi Fun-E-Nuf! J'y avais participé à l'automne 2002 avec l'équipe B de Sherbrooke (dont j'ai oublié le nom) à ma première année au bacc en mathématiques à l'Université de Sherbrooke. Mais déjà en 2002, c'était la 2e (ou peut-être la 3e?) édition du FunEnuF. Cet hiver-là, mes coéquipiers ont organisé la première édition du tournoi Coup de Foudre à Sherbrooke en février 2003, puis le mois suivant avait lieu la première édition du tournoi Mars Attaque à Québec organisé en mars 2003 selon dans le thème du film américain sorti quelques années auparavant. Puis en décembre 2003 avait lieu la première édition du tournoi Bye Bye à Trois-Rivières.
Je suis fier d'avoir remporté les trois premières éditions du Bye Bye avec trois équipes différentes: avec les Stakatak de Sherbrooke en 2003, Slot Machine de Québec en 2004 (avec Martin Gagnon, Yannick Leduc, Guillaume Canuel, etc.) pendant mon stage à l'INRS à Québec et avec les Polatouches de Sherbrooke en 2005. Voici une copie écran du courriel envoyé par Philippe Lemieux le 30 novembre 2004 qui annonçait l'horaire, le thème du tournoi et les équipes participantes:
Dans les Polatouches édition 2005, il y avait tout plein d'amis de Sherbrooke qui ont évolué dans la ligue de l'Université de Sherbrooke pendant cette période et Greg Verzeaux qui arrivait de France et qui terminait son mémoire de maîtrise à l'Université de Sherbrooke sur la création d'une fédération québécoise d'ultimate. Son mémoire nous a été très utile dans les années qui ont suivi dans la création de la FQU.
Puis, en 2006, une des première action que nous avons faite au sein de la nouvelle Fédération québécoise d'ultimate a été la création du Circuit québécois d'ultimate 4 contre 4 (CQU4). Et je n'ai jamais regagné le tournoi Bye Bye depuis. Avec l'apparition des Ninjax et autres Fluo Turbo, de nouvelles équipes commençaient leur règne sur le circuit CQU4.
2007: la création de la fédération et du CQU4
En octobre 2007, avec PY Lavertu, Jean-Philippe Riopel, Marie-Hélène Audet et JS Mérette, nous avons mis en place le CQU4. Comme les mêmes équipes grosso moddo avec les mêmes alignements participaient aux tournois principaux (Bye Bye, Coup de Foudre, Mars Attaque, La Flotte à Rimouski), l'idée était d'avoir un classement global qui allait formaliser la saison hivernale d'ultimate au Québec et permettre de donner un exemple concret de ce à quoi une fédération pouvait être utile et associer le sigle FQU à quelque chose d'inovateur, de positif et utile.
Je rappelle qu'à ce moment-là, le sigle FQU ne voulait rien dire pour personne et peu de gens y croyait. Le budget de la première année de la FQU était de 200$ et on l'avait utilisé pour faire une bannière. L'ultimate 4 contre 4 n'existait pas à Montréal, mais cela restait un format de jeu qui rassemblait les autres villes universitaires québécoises où c'était joué.
J'avais beaucoup réfléchi à l'époque et analysé les différentes possibilités d'échelles de pointages pour le CQU4 en m'inspirant de ce qui se fait dans le sport (Classement ATP, Classement de la Formule 1, etc.). La conclusion de mon analyse était que c'est pas tant combien de points on donne à une équipe, ce qui est important est plutôt combien de points de plus on donne à une équipe par rapport à une autre.
Le système de pointage par tournoi proposé en 2007 était obtenu par la règle suivante :
Voici ce que cela donnait sur la saison 2006-2007 qui précédait:
Et c'était parti pour la première édition 2007-2008 qui s'était même terminée avec l'organisation du Championnat du Circuit d'ultimate québécois (CCQU4) qui invitait les 8 meilleurs équipes au classement à faire un tournoi final à Saint-Hyacynthe au nouveau Centre BMO en avril 2008. Tournoi qui avait été organisé avec l'aide de Francis Beaumont et des Smileys de Montréal! Après quelques années, le CCQU4 est disparu, car le calendrier devenait chargé.
En particulier, on peut observer que le choix qui avait été fait n'était pas une échelle de points à décroissance linéaire, mais plutôt à décroissance concave. Passer de à 23e à la 22e position donne un point de plus, mais passer de la 2e à la première place donnait 7 points de plus.
Les points dans le CQU4 en 2010-2011
Le système de pointage du Circuit québécois d'ultimate 4 contre 4 pour la saison 2010-2011 était divisé en deux séries:
Série A: Movember, Bye Bye, La Flotte, Coup de Foudre, Mars Attaque Série B: OctoberDisk, Fun-E-nuF, La Virée
La même échelle allant de 1 à 73 points était utilisée pour les tournois de série A et donnait des points à 31 équipes. Une échelle de 1 à 16 points était utilisée pour les tournois de série B et donnait des points à 16 équipes. Ces échelles de pointages avaient été conçues à l'automne 2007 à une époque où le plus grand tournoi acceptait 36 équipes.
Le CQU4 de 2011 à 2014
En 2011, vu l'augmentation de popularité du circuit (le nombre d'équipes participant au circuit avait doublé en trois ans passant de 60 à 120 équipes), le système de pointage a dû être actualisé.
Désormais, l'équipe gagnante d'un tournoi de série A obtenait 1000 points et 400 points pour un tournoi de série B. Cinquante équipes obtenaient des points dans un tournoi de série A (sauf pour le Mars Attaque où l'échelle sera allongée) et 24 équipes obtiendront des points pour un tournoi de série B. Le tournoi La Flotte avait sa propre classe : 800 points pour l'équipe gagnante et 32 équipes obtenaient des points. Ainsi, l'équipe gagnante du tournoi La Flotte obtenait autant de points qu'une 5e place dans un tournoi de série A ce qui correspond à la réalité des forces relatives des équipes qui se déplacaient à Rimouski. Les quatre tournois de série A étaient : Movember, Bye Bye, Coup de Foudre, Mars Attaque et les tournois de série B seraient : OctoberDisk, Fun-E-nuF, La Virée, Ottawa (nouveau) et Landaudière (nouveau).
Le CQU4 en 2014 et après: Séries 1000, 666 et 333
Puis, en 2014, un autre ajustement a eu lieu. On passait désormais à trois séries différentes: Serie 333, 666, 1000.
Puis d'autres ajustements devaient être faits par la suite, mais je n'avais pas suivi le fil vu notre déménagement en Europe. Et j'ai suivi que de loin par la suite.
Une chose ne s'est jamais produite avant 2012: aucune équipe de 2003 à 2012 n'a jamais fait un grand chelem, c'est-à-dire, gagner tous les tournois du circuit CQU4 pendant la même saison. Je ne sais pas si cela s'est produit depuis? À ce sujet, il faudrait conserver l'information des classements des tournois du CQU4 de chaque année et le rendre disponible. Les rendre accessibles permet de faire parler les statistiques. Et comme on le sait, ce type de statistiques est très importants pour les sports télévisuels. Un jour, ce sera au tour de l'ultimate de raconter son histoire, encore faudra-t-il la connaître.
Le CQU4 en 2025
Cette année, grâce à une affectation temporaire d'un an au CRM-CNRS, je participe au CQU4 pour la première fois depuis 12 ans et je constate comment le niveau de jeu a augmenté. Les équipes sont plus polyvalentes qu'avant. Tous les joueurs et joueuses des équipes ont des bonnes capacités techniques de lancers et attrapés (pas juste 2-3 joueurs/euses par équipe). Atteindre la finale d'un tournoi demande des capacités athlétiques de plus en plus élevées. Et le circuit attire les athlètes à performer et être reconnu(e)s au sein du circuit. Aussi, les stratégies ont évolué. On voit toutes les équipes braconner la zone des buts pour aider les coéquipiers pour défendre le lancer marteau, etc. C'est très agréable de constater cette évolution près de 20 ans après la création du CQU4, car finalement, c'était ça l'objectif! Et c'est bien que cela ait fonctionné. Il y a des choses qui se sont perdues par contre. Il n'y a plus de repas communs le samedi soirs, etc. Ces moments permettaient de renforcer les liens entres les équipes et créer une cohésion inter-associations et intra-provinciale.
Concernant l'échelle de points, je constate dans le Guide du circuit Élite 2025-2026 de la fédération que l'échelle de points a été remplacée par une formule à décroissance linéaire, chose que j'avais toujours absoluement voulu éviter lors de la création du CQU4 et de ses multiples évolutions décrites ci-haut.
Le guide 2025-2026 dit:
- L’équipe championne obtient toujours le nombre de points équivalant au nombre d’équipe dans la division élite complète ; - Le nombre de points qu’obtiennent les équipes subséquentes est déterminé selon la formule suivante : (#équipe total du élite — #équipe total du élite/#équipe au tournoi x position + 1), arrondit à l’unité
Autrement dit, l'échelle de points est désormais à décroissance linéaire:
Par décroissance linéaire, on veut dire que de gagner une position donne le même nombre de points supplémentaires peu importe la position où on est. L'avantage de la décroissance linéaire est que c'est très simple à définir, mais à mon avis ce n'est pas du tout adapté.
Pourquoi la décroissance linéaire est à éviter à mon avis
- S'il y a un seul tournoi dans le circuit, alors le type de décroissance n'a pas d'importance. Toutes les échelles décroissantes donneront le même classement final de la saison égal au classement du seul tournoi. Le type de décroissance devient important lorsqu'il y a deux tournois ou plus dans le circuit. C'est le type de décroissance qui dit ce qui est mieux entre finir 1er et 7e et finir 2e et 6e par exemple: une décroissance concave dira que c'est l'un, une décroissance convexe dira que c'est l'autre et une décroissance linéaire dira que c'est ni l'un ni l'autre. À mon avis, il faut choisir la décroissance qui correspond à ce qui est valorisé intrinsèquement par les athlètes eux-mêmes.
- Le classement doit refléter au mieux la force relative des équipes. Plus le classement établi par la fédération est proche de la réalité, plus il sera respecté par la communauté et plus ça donnera du sens et du respect d'atteindre un certain niveau dans le classement. Un classement de qualité motive les athlètes à participer au circuit et obtenir la reconnaissance associée au placement dans le classement. Inversement, un classement de mauvaise qualité fait perdre sa signification et les démotive de se préparer pour être reconnu par celui-ci.
- La décroissance linéaire (de pente -1) dit que de passer de la 2e à la première place vaut 1 point de plus et de passer de la 10e à la 9e place vaut aussi un point de plus et passer de la 25e à la 24e place vaut un point de plus, etc. Or, gagner la finale d'un tournoi prend beaucoup plus d'énergie que de gagner la 9e place même avec les mêmes équipes impliquées. Pour la 9e place, on voudra s'économiser. On ne jouera pas si on a une petite blessure, etc. Mais, pour la finale, les joueurs et joueuses vont tout donner. Il faut que l'échelle de pointage reconnaisse et récompense l'énergie déployées par les athlètes pour atteindre le sommet.
- Pour être plus concret, imaginons par exemple que Ultiminati gagne contre Ninjax au Bye Bye. Et supposons que ces deux équipes jouent très mal au Coup de Foudre et que les deux équipes se retrouvent dans le 9 à 16. Supposons qu'ils se retrouvent en finale du 9 à 16 et que que Ninjax gagne contre Uliminati. En considérant ces deux tournois seulement, quelle équipe devrait avoir le plus de points? La décroissance linéaire dit que les deux équipes sont à égalité. Mais, en réallité, ce n'est pas vrai. L'équipe qui a gagné la finale du Bye Bye doit avoir plus de points que l'équipe qui a gagné la 9e place au Coup de Foudre. Pour que ce principe soit atteint, il faut une décroissance concave de l'échelle de point et pas linéaire ni convexe.
- En Formule 1, dans les années 1990 de Jacques Villeneuve, des points étaient donnés aux 6 premiers à chaque course selon la règle suivante: 10 points au gagnant, 6 points au deuxième, 4 points au 3e, puis 3, 2 et 1 points aux 4e, 5e et 6e. Donc, après deux courses, si un compétiteur avait fini 1er et 3e, il recevait 10 + 4 = 14 points. A contrario, si un autre compétiteur avait fini deux fois 2e, il recevait 6 + 6 = 12 points. Donc, dans les années 1990, en Formule 1, finir 1er et 3e était considéré mieux que finir deux fois 2e. Et c'est exactement la question qu'il faut se poser ici. Si on pense que finir deux fois 2e est mieux que finir 1er et 3e, alors il faut une décroissance convexe de l'échelle de pointage. Si on pense que finir 1er et 3e est mieux que finir deux fois 2e, il faut une décroissance concave. Et si on ne veut pas décider ce qui est mieux, alors on choisit une décroissance linéaire.
- En tennis, le classement de l'ATP utilise l'échelle suivante pour les points associés aux tournois du Grand Chelem: Gagnant 2000 points, finaliste 1300 points, semi-finalistes 720 points, quart-de-finalistes 360 points, ronde des seize 180 points, ronde des 32 donne 90 points. On observe que le nombre de points double à chaque ronde ou, autrement dit, à chaque fois qu'on divise par deux son classement final.
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- Au Poker, selon l'intelligence artificielle de Google, dans les tournois comptant entre 16 et 25 participants, les quatre meilleurs joueurs se voient généralement attribuer des prix dans les proportions suivantes : 50 %, 25 %, 15 % et 10 %. On obtient la courbe ci-bas. Autrement dit, les 5e et tous les autres reçoivent zéro points.
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- Cet exemple du Poker nous amène à un autre argument plus télévisuel et qui concernent les spectateurs et l'intérêt qu'on peut donner à regarder un match (pourquoi regarde-t-on plus les séries de la Coupe Stanley après tout?). Avant le dernier tour d'un tournoi de Poker, il reste encore beaucoup d'argent à gagner. Les joueurs ont donc tout intérêt à donner le meilleur d'eux-mêmes à la dernière ronde. Aussi, les spectateurs ont une raison de regarder, car il y a un enjeu important. Avec l'échelle ci-haut, il y a encore 25% du pot à décider avant l'élection du gagnant. Pendant ce temps, avant la finale d'un tournoi du CQU4 qui donne 48 points à l'équipe championne et 47 points à l'équipe finaliste, il reste juste un maigre point à distribuer. Sur le total de 1+2+3+4+...+48=1176 points, cela représente moins de 0.1 % du pot des points distribués pendant le tournoi. C'est presque rien. Pourquoi donc, devrait-on s'intéresser à regarder la finale? ou même la jouer?
- Cet argument télévisuel se traduit aussi chez les joueurs et les équipes pendant un tournoi. En effet, s'il reste beaucoup plus de points à aller chercher dans le 9 à 12 que dans le 13 à 16, alors cela donne un intérêt supplémentaire à jouer les derniers matchs du dimanche. Cela peut même devenir excitant, car si on sauve les meubles et qu'on termine 5e au Mars Attaque, on peut encore espérer finir premier au classement global, etc. Cela donne du piquant à la fin du tournoi. Hélas, avec des pointages de tournois du CQU4 à décroissance linéaire, on rend la chose beaucoup plus boring avec tout qui est presque déjà décidé plus la fin approche. À mon avis, c'est une occasion perdue de rendre les choses plus excitantes. Les joueurs le demandent. Les spectateurs le demandent. Les familles, les amis des joueurs veulent entendre des histoires du week-end. Les journalistes veulent des histoires et le demandent aussi. C'est une échelle de points bien choisie qui permettra ce contexte positif de recherche de l'excellence.
Futur 2026-2027
S'il y a un intérêt, je suis prêt à m'investir pour proposer une actualisation du système de classement du CQU4 pour la saison 2026-2027. J'aurai besoin de l'aide des gens de la communauté et de la fédération, car je dois mieux comprendre le contexte, les défis actuels et l'évolution anticipée du circuit pour les cinq prochaines années.
Au plaisir d'avoir vos retours.


