Marcher de la crèche du Sart Tilman à mon travail

03 mars 2016 | Catégories: urbanisme | View Comments

Voici un texte que j'ai transmis à la revue d'urbanisme Dérivations pour son deuxième numéro au sujet du campus du Sart Tilman de l'Université de Liège.

En janvier 2015, j'ai commencé un postdoctorat à l'Université de Liège. Peu après, ma femme et mon fils m'ont rejoint. Nous avons choisis d'habiter au centre-ville de Liège, car nous aimons la vie sans voiture et la proximité des services. Il faut dire qu'il n'y a pas tant de terrains de jeu pour enfants à proximité du centre-ville, mais on a trouvé un modeste parc accueillant (avec un cercle de cacas de chiens à son entrée) qui nous convient.

À mon arrivée, il y avait une liste d'attente pour les crèches du centre-ville et quelques places à la crèche du Sart Tilman. Nous avons donc inscrit mon garçon à la crèche du Sart-Tilman avant qu'il commence l'école. À ce moment, mon algorithme pour me rendre au travail était semble-t-il unique pour deux raisons: (1) traverser le centre-ville à vélo via le Ravel et vérouiller le vélo au pont de la Fragnée et (2) prendre le 48 avec un enfant. En effet, on m'a souvent déconseillé de laisser un vélo à un tel endroit ou encore de m'acheter une voiture maintenant que je suis papa. Bon, pour moi, ça restait quand même la meilleure solution au problème de transport vers le campus Sart Tilman.

Je déposais donc mon fils à la crèche. Il me restait donc à me rendre de la crèche à mon travail. Comme ce n'était pas si loin, je faisais ce trajet à pied. N'importe où dans le monde, on serait porté à croire que marcher de la crèche d'un campus universitaire à son travail sur le même campus est normal et qu'un trajet raisonable pour le faire à pied devrait exister. Les campus à l'américaine sont toujours plein de trajets piétons que l'on reconnaît dans la pelouse usée et qui indiquent toujours le plus court chemin: la diagonale. À la recherche de cette diagonale, je marchais sur la Rue du Sart-Tilman jusqu'au Monument aux héros des combats de la nuit du 5 au 6 août 1914 que peu de gens connaissent. C'est à partir de là que tout se gâte et que le petit chemin le plus court propre aux campus universitaires à l'américaine n'existe plus.

La première fois, muni de l'application Open Street Map sur mon téléphone, j'avais fait l'erreur de contourner l'Institut de Géographie par la rue du Clos Mercator. J'étais abouti sur les bretelles d'autoroute. Chemin désagréable et boueux. À ne pas refaire.

La deuxième fois, j'ai marché dans la pelouse entre l'Institut de Géographie et le Boulevard de Colonster jusqu'au rond point au centre du campus. Ce rond-point n'est pas si désagréable pour les piétons. En effet, les voitures ralentissent à moins de 80 km/h à la vue d'un piéton et prennent leur distance pour s'assurer de rouler toujours à plus de 20 cm de ceux-ci.

J'ai pu faire ce trajet jusqu'aux périodes d'allergies du mois de juin. En effet, comme j'étais finalement le seul à passer par là à tous les jours, mes piétinements n'étaient pas suffisants pour prendre le dessus sur les plantes. À partir de ce moment-là, je marchais sur le Boulevard de Colonster. Il n'y a pas de trottoir à cet endroit, et le manque de visibilité causé par les plantes et le stationnement P11 font en sorte que les voitures ne roulent pas dans la voie de gauche à cet endroit à l'approche du rond point. Je me suis donc habitué aux voitures qui passent très proche des piétons là aussi et même aux conducteurs du bus 58 qui osent même faire des blagues en dirigeant l'autobus sur les piétons pour les éviter à la dernière seconde.

Depuis l'automne, je n'ai plus besoin de faire ce merveilleux trajet de la crèche à l'Institut de mathématiques, car mon fils a commencé à l'école en ville. Je profite maintenant du nouveau trajet piéton qui contourne le rond-point par le sud.

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